vendredi 22 juin 2012

Mont Shosha et Yukata Matsuri - 22 juin

"Le Dernier samourai" fait partie de ces films qui ont marqué mon adolescence et développé mon goût pour la culture japonaise. Au même titre que mes premières lectures de mangas (Peach Girl, Chobits), que mes découvertes dans Coyote Mag - un trimestriel qui traitait de toute l'actualité culturelle japonaise (animés, jeux videos, mangas, musique, festivals...), il m'a donné envie de découvrir une facette du Japon que je connaissais pas alors: son histoire et sa culture passée.

Le film s'inspire partiellement de l'histoire de la rébellion de Satsuma en 1877: une rébellion de samouraïs dirigée par Takamori Saigō contre l'armée impériale japonaise, et de l'histoire de Jules Brunet, un officier français qui démissionna de l'armée française par fidélité envers le dernier shogun Tokugawa Yoshinobu qui avait précédemment passé un traité d'amitié avec Napoléon III.
Bon l'histoire du film ce n'est pas tout à fait ça, n'oublions pas que c'est une production américaine. Alors, en 1876, Nathan Algren, un vétéran des guerres indiennes, est engagé par le politicien et conseiller de l'empereur Meiji, Omura. Celui-ci souhaite se débarrasser d'un ancien général de l'armée nippone, le légendaire samouraï Katsumoto, et engage Algren pour qu'il entraîne l'armée japonaise. Mais Algren est capturé après une petite bataille dans les bois et emmené loin dans les montagnes. Condamné à y passer l'hiver, peu à peu, il apprend à connaître et à comprendre l'esprit du samouraï et cette sagesse qu'essaye de préserver Katsumoto.

Tom Cruise n'est peut-être pas le plus grand acteur du monde (aux sens propre et figuré), mais je pense que c'est là son meilleur film. Surtout qu'il est aux cotés de Ken Watanabe, un acteur japonais absolument extraordinaire.
Ca ne sera peut-être pas non plus le meilleur film de l'histoire du cinéma, mais peu importe. A 15 ans les choses nous marquent et, un peu comme une madeleine de Proust, je l'adore. Certaines phrases et certaines scènes sont ancrées dans ma tête, bien mieux que d'autres que j'ai pu voir ou entendre au cinéma il y a 2 mois.

Je revois ce film chaque année, deux ou trois fois, car il est agréable de pouvoir se ballader au temps des samourais, même si c'est la toute fin de leur époque, et de comprendre ce qu'est l'Honneur avec un grand H (élément clef du Bushido, qui est le code de conduite de ces guerriers).

Si je vous fais cette petite introduction c'est parce que je me suis rendue au Mont Shosha où ont été tournées plusieurs scènes clefs du film. Comme vous l'aurez peut-être remarqué je suis têtue, et comme j'avais décidé d'y aller il y a un moment, je l'ai fais.
Kyoto attendra demain.

Le Mont Shosha est à 1/2h en bus d'Himeji, qui est à 1h de Kyoto. Comme la météo dans ce pays c'est vraiment n'importe quoi, j'ai décidé hier d'y passer la journée plutot que de rester sous les trombes d'eau de Kyoto.
Evidemment aujourd'hui il fait 25 degrés et un super soleil, donc avec mon jean et mon anorak je meurs de chaud. Cependant la ballade valait le coup donc je suis contente d'y être allée: c'est très boisé et les temples qui sont un peu partout sur la montagne sont très beaux. Je m'attendais à de la propagande Hollywoodienne avec des photos du films un peu partout (arrêt de bus, télepherique, temples) mais non, rien. Tout juste un mot à l'arrivée.

Après cette demi journée je promenade je suis revenue à Himeji.
La ville est surtout connue pour son chateau, mais il est en rénovation jusqu'en 2014 donc pour le moment on voit seulement une grande bache.
Ce qui était sympa en revanche c'est que pendant 3 jours se déroule le Yukata Matsuri: une grande, grande fête du yukata où tout le monde se ballade entre le chateau et la gare, sur l'avenue principale, où des centaines de stands voient le jour. Des stands de tout et n'importe quoi: posters, déguisements, souvenirs, gateaux, brochettes, crêpes, trucs japonais bizarres... De quoi faire plein de jolies photos.
Le seul hic c'est que je suis arrivée un peu tôt et que c'est seulement vers 17h que les rues ont commencé à se remplir. Je n'ai pas eu la patience d'attendre la tombée de la nuit pour voir arriver des miliers de personnes... Ni la patience ni vraiment l'envie, n'étant pas une grande fan des bains de foule (oui je sais que c'est dommage mais je crapahutais depuis 8h ce matin, il ne faut pas l'oublier. (Mais t'inquiète pas Julien j'ai des photos de filles en yukata colorés très beaux, tu vois je pense à toi)).

D'ailleurs ça m'inspire une petite reflexion sur les japonaises (et les japonais): je me suis demandé, petit 1, pourquoi elles avaient toutes une façon de marcher très bizarre (trainant des pieds, genoux et pieds en dedans) car quand elles sont petites ce n'est pas le cas; et petit 2, pourquoi est-ce qu'ils ont tous des chaussures trop grandes (au moins 2 pointures de trop).
Au début je pensais que le petit 1 était la faute du petit 2. Ben même pas. Ou pas que. En fait les chaussures sont grandes parce que comme ils doivent les enlever tout le temps c'est plus facile. Logique imparable. Ce qui les fait trainer des pieds. Mais pourquoi chez les filles cette (affreuse) démarche de godiche maladroite qui a envie d'aller aux toilettes ?
On est dans une société mysogine où la femme a été longtemps - et l'est encore un peu hein - soumise à l'autorité de l'homme dans tous les secteurs. Et donc cette façon de marcher c'est parce que ainsi la femme apparait plus fragile, plus faible, et donc plus mignonne ("kawai") au final. Je ne l'invente pas ce sont deux japonaises qui me l'ont simplement expliqué comme ça. Et elles assument. Donc je ne suis pas sûre du tout que ça soit pleinement inconscient. Elles développent cette façon de marcher à l'adolescence, toutes, comme de bons petits moutons à cette age là (et c'est encore plus frappant alors qu'elles sont toutes en uniformes, avec seul signe distinctif une peluche ou un grigri qui se balance au bout d'un sac, et qu'elles se déplacent en grand groupe).

Je ne vais pas jouer le role de la féministe, je ne le suis pas. C'est simplement un phénomène intriguant de voir ces filles qui ralent après les garçons japonais, qu'elles trouvent trop efféminés, trop androgynes, et qui à côté de ça jouent un role de cruche, quand même pour leur plaire un peu...
Mais bon il faut savoir qu'il y a un gros problème dans les relations entre japonais et japonaises (ce qui donne un des taux de natalité les plus bas de la planète); et puis au delà des soucis de communication, la "société féminine" émerge à peine.
"70 % de la population féminine renonce à sa carrière pour élever les enfants": si la question vous interesse je vous invite à lire cet article d'Arnaud Vaulerin, assez complet sur le sujet: http://www.liberation.fr/monde/0101616706-japon-ce-que-veulent-les-femmes

Voilà demain j'attaque les choses SERIEUSES: Kyoto, la belle, la grande, l'ancienne capitale.
A plus tard !

(photos bonus:
Un plateau de sushis défiant toute concurrence :6€! Car vers 18h les supermarchés soldent tous les plats frais pour écouler les stocks, un vrai bon plan!
Un melon - oh qu'il est beau - à 50€. Vous aussi vous vous demandez qui peut acheter ça ?
Un sushi de poisson-chat!)

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